Deux choses à propos de mes chaussettes-Chose 2

Comme je vous l’ai dit, il y a quelques années, je me suis abonnée à un seul modèle de chaussettes pour résoudre, à cause d’un impératif artistique, la question de la disparition quasi systématique d’un pied entre le panier à linge et la machine à laver. C’est grâce au temps gagné sur les recherches longues et infructueuses de chaussettes égarées que je peux écrire cet article aujourd’hui. Mais entrons dans le vif du sujet, j’ai jeté mon dévolu sur un modèle tige moyenne, en microfibre noire, de la marque DIM et n’ayant aucune chance, de par la texture de sa fibre, de se déformer avec le temps. Un automne, j’ai constitué mon stock, à raison de de trois paire par-ci par-là que je raflais lorsque j’en trouvais. De peur d’en manquer un jour, et que mon problème de chaussettes revienne me pourrir la vie, je devins quelque peu excessive dans mes achats. C’était un modèle d’hiver, qui venait de sortir au moment où je commençais ma collection. Au printemps, DIM sortit le modèle en couleurs mais pas en noir. Angoisse car je n’en avais pas assez pour tenir une vie entière : allaient-ils en produire l’hiver suivant ? Des l’automne , je me précipitais dans un rayon DIM et à mon soulagement en trouvais et en achetais immédiatement une grosse quantité. Là, surprise. Le prix avait augmenté alors que tout le reste avait diminué : la hauteur de la tige avait perdu un centimètre, le fil était deux fois plus fin et plus mollasson. Je venais mettre le pied dans les coulisses de la logique industrielle : ce qui est bien ne doit pas le rester. J’avais eu la chance de choper la première salve de chaussettes au bon moment. A un concepteur, une conceptrice, vint l’idée d’un super modèle et il/elle mit du coeur à le réaliser. L’année suivante, couic, les actionnaires passent par là, il faut améliorer la rentabilité c’est à dire transformer le bon produit en merde. J’imaginais les réunions qui avaient pu avoir lieu autour de ma chaussette, les essais, les prototypes simplement destinés à voir jusqu’où on pouvait en baisser la qualité tout en augmentant le prix et sans se faire lyncher. Depuis, ce modèle n’existe plus.*

chaussettes

Photo: Coryn Wolk
Feet!

sur flickr

*Je rassure ceux qui auraient pu s’inquiéter, je crois que j’en ai acheté suffisamment

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