Anny. Principes gelés soumis à la houle

 

Hokusai (1760-1849) Japanese artist. 'The Wave'  World History Archive

Accepter, intégrer le mouvement perpétuel. Est-ce que c’est moi, est-ce que c’est nous? C’est Anny, l’héroïne de mon roman en cours.
Elle vit glacée, accrochée à des pastiches de certitudes. Les certitudes peuvent sembler tracer la voie royale vers le sentiment de sécurité, mais comme cela n’existe pas, au bout du système, la seule certitude en perspective est celle de la mort imminente.

Sa rencontre avec un danseur de rues à la Fontaine Stravinsky provoque un brusque dégel de ses émotions et de ses sens, rappelant à son être ses propriétés organiques : étant composé à 65% de liquide comment le corps autant que l’esprit qui l’habite pourraient-ils demeurer figés dans quelconque principe sans procéder totalement contre nature?

Elle découvre que la loyauté, l’amour, les idées sont bien infichus de rester en place, et tout simplement pour des raisons organiques. Tout ce qui n’est pas mouvement est mort et la fonction de l’eau de son corps est de le lui rappeler. Il lui faut du courage pour mettre en mouvement, pas ses membres seulement, mais aussi ses cellules, car chacune est une vaste mer que son âme doit franchir en capitaine.

De l’immobilité nait l’ennui, de l’ennui nait la rage. L’âme réclame son ballotement, comme l’enfant réclame d’être bercé. Que le roulis cellulaire reprenne et elle croise à travers les sentiments contradictoires, les paradoxes, les différents éclairages, les options, les doutes, les suppositions, les affirmations contraires sans chercher à en arrêter aucune comme étant la vérité absolue. Occupée à chaque instant, elle s’amuse, elle s’éclate ; qu’éclate la tempête et la voilà sur le pont, branchée sur ses instincts, un œil rivé sur la cap à garder, vivante. Les valeurs ne sont pas des chapelles mais des directions.

Soumis à un courant puissant, la danse, l’amour et l’aventure secouent l’eau de son corps, forcent l’âme d’Anny à s’adapter à l’incertitude et finalement, à ne plus désirer qu’elle.

 

Illustration : La grande vague » du peintre japonais Hokusai

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