C’est qui ?

Jusqu’à présent, (et comme beaucoup d’auteurs) j’avais toujours écrit mais rien montré (ou presque).

J’ai été muselée par deux générations de femmes orientales, qui elles-mêmes avaient été muselées, probablement par d’autres « muselées » orientales avant elles. Elles s’écrasaient et avaient peur pour moi dès que je l’ouvrais un peu. Elles me mettaient en garde contre le malheur, la honte et contre le fait que les hommes en seraient effrayés et se détourneraient irrémédiablement de moi. L’ouvrir n’était pas féminin. « Aies l’air toujours un peu plus bête », me conseillait ma grand-mère avec bienveillance. Ce qui était pratique pour les hommes de cette famille, car le travail d’oblitération s’opérant de femme en femme, sans leur intervention, ils pouvaient prôner l’ouverture d’esprit en public. Un système autonome et très efficace. C’est en profondeur qu’il me faut œuvrer pour m’extraire de cette tradition, d’où un certaine violence que je me fais pour passer le cap de l’exposition. Pour l’instant, c’est un peu dur, je me sens toute bête, mais je vais m’habituer à la liberté et j’espère, me surprendre et vous surprendre.

Je reviens un instant sur le fait que si je l’ouvrais « les hommes seraient effrayés et se détourneraient irrémédiablement de moi ». Contrairement à ce qu’elles croyaient dire par là, que l’homme était tout puissant, cela disait au contraire qu’il était si faible qu’il fallait lui laisser l’illusion d’une force qu’il ne possédait pas. Ca dénote d’un mépris secret pour l’homme dont on s’est constitué la proie. Etrange règle du jeu ancestrale, je creuserai. Heureusement, la vie m’a prouvé que l’homme n’était pas si faible que par égards, il faille se présenter à lui comme une gourde.

Voilà, je crois que ça en dis davantage sur moi que le fait que je m’appelle Sylvie Arditi, que certaines chansons portent mes paroles, que je produise du son chez Nova depuis près de vingt ans, que je touche un peu au dessin, que la création ne soit pas à mes yeux enfermée dans les frontières d’une discipline, mais puisse être présente aussi bien dans la façon d’éplucher une pomme.

Je n’ai pas le besoin de la grandiose beauté de la nature pour tremper ma plume dans le bleu céleste de l’océan, un bon pot d’échappement devant une terrasse de café m’inspire également. D’ailleurs, l’inspiration, qu’est-ce au regard de l’acharnement et du travail, comme me l’a, non pas appris, mais révélé Anaël Verdier, dont l’enseignement est la transmission d’une force vitale sans distinction de genre. Car sans le savoir, je le savais.

Voilà, sinon, j’aime les livres d’un amour physique. J’en possède beaucoup plus que je n’en lis.

Bonne lectures sur ce blog et ailleurs.

Picorez picorez bonnes gens, mais faites un bon repas aussi de temps en temps.

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1 réponse

  1. Anne FORSSELL

    te dire Sylvie combien j’ai aimé découvrir ton blog et apprécié de lire tes textes… ceci explique sans doute ton silence-absence, je te regrette dans notre quartier même si nous ne nous croisions pas bien souvent…
    je te refais signe qd j’aurais lu tes nouvelles

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